Allaiter enceinte - quels sont les risques? | MOTHERWOOD

Allaiter enceinte - quels sont les risques?

Vous êtes enceinte et votre premier enfant n’est pas encore sevré ? Vous vous demandez s’il y a un risque pour le fœtus et s’il faut arrêter l’allaitement ?

La réponse est Non. Aujourd’hui, il n’y a pas d’études qui confirment que l’allaitement présente un risque pour le fœtus et qu’il serait privé de nutriments indispensables. Tant que la maman allaitante se nourrit correctement, elle n’aura pas de mal à répondre aux besoins de l’enfant à naître et l’enfant allaité.

L’Organisation mondiale de la Santé estime qu'il est "certainement préférable d'améliorer le régime de la mère avec des aliments facilement disponibles que d'interrompre l'allaitement à cause d'une nouvelle grossesse, surtout les endroits où l'on n'est pas assuré de trouver des aliments de sevrage appropriés".

En général, la quantité de lait baisse, surtout dans les derniers mois de grossesse, et la production de colostrum intervient, qui lui aura parfois un effet laxatif sur l’enfant allaité. C’est donc simplement la composition et le goût du lait qui change qui peuvent causer un sevrage. Plus de sodium et de protéines et moins de glucose, lactose, potassium. Cela peut expliquer un changement du goût du lait qui est alors plus salé. Pour les enfants allaités de plus de 1 an, cela n’a pas tellement d’impact puisqu’ils reçoivent vraisemblablement aussi une alimentation solide et ne dépendront plus exclusivement du lait maternel. Pour les enfants allaités de moins d’1 an, le développement de l’enfant doit être suivi de plus près par un professionnel de la santé et, parfois, la complémentation avec du lait maternel (donné ou tiré) ou avec du lait artificiel devient nécessaire.

 

De plus, le risque de fausse couche ou d'accouchement prématuré n'augmente pas si l'on allaite pendant la grossesse. Les études montrent que le corps secrète moins d’ocytocine lors des tétées pendant la grossesse que sans grossesse, donc il y a une forme de protection physiologique, puisque c’est l‘ocytocine qui déclenche les contractions.

« L’ocytocine est une hormone sécrétée durant les tétées qui cause des contractions utérines, en général trop légères pour être remarquées. Ce fait a suscité de l’inquiétude car on suppose que l’allaitement pourrait contribuer à un travail prématuré lors d’une grossesse sans complication., L’utérus est au début plutôt insensible à l’ocytocine, et la rumeur a été lancée, que cette sensibilité augmente à la moitié de la grossesse. La recherche ne valide pas cette hypothèse. En fait, la seule augmentation marquée arrive après la 37e semaine- avec très peu voire rien du tout avant ça. » (2003) Tandem Nursing, Hilary Flower

 

L’inquiétude se porte plutôt sur le ressenti de la femme enceinte et de l’enfant allaité

En effet, la maman allaitante peut ressentir des douleurs au niveau des mamelons due aux changements hormonaux. Les tétées la rendent nerveuse, agressive envers on enfant. Elle a envie de le détacher du sein. Ces sensations peuvent augmenter le soir et la nuit, dans les moments où elle se sent particulièrement fatiguée. En dehors de l’aversion, on peut également avoir la sensation que notre corps nous appartient plus, et cela peut être difficile moralement. C’est particulièrement vrai lors des tétées ‘à sec’ lorsque la baisse se fait ressentir. Il peut également difficile de pour trouver des positions confortables pour allaiter.

Quelques astuces peuvent vous soulager et rendre ces situations plus supportables :

  • Anticiper : Savoir à quel moment c’est le plus fort, pour comprendre pourquoi, penser à proposer des compléments ou de l’eau et des collations si c’est un bambin (y compris au milieu de la nuit) pour compenser la baisse de lait et remplacer des tétées nutritives. De plus, vous pouvez lui expliquer qu’il n’arrivera peut-être pas à satiété en restant au sein de maman. Cela le fera téter moins souvent.
  • Pendant la tétée : Essayer différentes positions, corriger la prise du sein, dans certaines positions ça peut aller mieux. Trouver une distraction, penser à autre chose, mettre de la musique, respirer, lui demander doucement d’arrêter, proposer un câlin à la place, jeu, activité, déterminer une durée avec l’enfant, le laisser choisir (minuteur).
  • Prendre soin de soi : Une activité physique par jour, un moment de détente, bien manger, bien boire, pas de caféine, vous complémenter en B12, magnésium et en vitamine D. Cela aide le corps et la tête à éviter ce genre de sensation. Il est également conseillé d’en parler. Le soutien du co-parent est primordial dans ces moments-là.

Si vous ne vous sentez toujours pas à l’aise, c’est le moment de vous écouter et d’écouter votre corps. La frustration et votre mal-être ne fera du bien à personne. Si vous décidez de sevrer votre enfant, expliquez ce changement à votre enfant et compensez les tétées par des moments d’échange et d’amour afin de trouver une nouvelle manière de s’aimer.  

 

Quant à l’enfant allaité, il observe des changements importants chez sa maman. Il peut en être perturbé et augmenter la fréquence des tétées, la « coller » davantage. Ou bien, s’adaptant à cette nouvelle situation à l’opposé décider de se sevrer et de prendre un peu d’indépendance. Le changement de goût et/ou la baisse du débit du lait peut également créer de la frustration. En tous les cas, il est important d’accompagner le ressenti de l’enfant allaité.

 

Le principal est que maman et enfant aillent bien et que les ressentis et les émotions de chacun soient respectés. Si vous ressentez le besoin d’un accompagnement par un professionnel, sachez que vous pouvez faire appel à une consultante en lactation certifiée IBCLC ou participer à une réunion d’allaitement proche de chez vous. Ces réunions permettent d’échanger avec d’autres (futures) mamans et des mamans allaitantes et de se soutenir mutuellement.

 

Trouvez une consultante en lactation IBCLC proche de chez vous via la plateforme de l’Association Française des Consultants en Lactation (AFCL) .

Pour trouver des réunions d’allaitement à proximité, demandez à votre sage-femme ou à votre consultante en lactation. Elle sauront vous renseigner.