Rencontrez Patricia Messinger-Brunot, la fondatrice de la marque

Rencontrez Patricia Messinger-Brunot, la fondatrice de la marque

Si vous êtes sur cette page maintenant, c’est que vous avez envie de découvrir mon histoire. Comment j’ai atterri dans le Sud de la France pour y créer une marque française durable d’allaitement ?

 

Je suis née en 1987 comme fille unique parmi trois garçons près de Stuttgart en Allemagne. J’ai grandi dans un milieu de classe moyenne à la campagne, avec des parents très travailleurs. Mon père était ingénieur en machinerie industrielle et ma mère coiffeuse avec son propre salon de coiffure en bas de chez nous. Ma mère a élevé et allaité 4 enfants tout en travaillant et gérant son salon. Et nous, les enfants, on participait à la vie du salon dès le plus jeune âge. Cette première expérience de la vie professionnelle a sans aucun doute contribué à développer mon âme de mumpreneure.

 

Après mon bac, je suis partie pour 6 mois à Bruxelles pour apprendre la langue française. Un peu comme les anglais quand ils devaient faire leur « grand tour » en France. Sauf que, pour moi, c’était la Belgique une fois, en tant que jeune fille au pair. Les cours intensifs de Français m’auront donné des bases solides pour ensuite partir dans le Sud de la France, le pays adoré de mon enfance. Le pays où on partait en vacances avec mes parents chaque année. Je savais qu’au moins, ici, je serai obligée de parler le français. Je suis partie avec plein de clichés et stéréotypes en tête : Les hommes avec leur béret et leur baguette sous le bras. Les repas de famille sur des grandes tablées pas loin des champs de lavande où chantaient les cigales. Les ruelles fraîches et animées des petites villes comme Saint Tropez. Ca me faisait rêver.

 

Aujourd’hui, cela fait 13 ans que je vis en France et je suis toujours autant amoureux du pays et de son peuple. Depuis, j’ai fondé une famille et j’ai donné naissance à deux petits blondinets franco-allemands que j’ai allaité plus ou moins longtemps.

 

Comment s’est passé mon allaitement et à quel moment j’ai eu un déclic pour créer cette marque pour vous ?

 

C’est en 2017 que notre fils est né prématuré à 34SA. Il a eu énormément de difficultés à prendre le sein. Le réflexe de la succion ne devait se développer qu’une ou deux semaines plus tard. Nous sommes restés à la néonatologie pendant presque un mois. Cela a été très dur et hyper enrichissant en même temps. D’un côté, nous n’avions qu’une hâte, c’est de rentrer chez nous à la maison et de profiter de notre nouvelle vie à trois. De laisser les tuyaux, les blouses blanches et les journées et nuits rigoureusement organisées derrière nous. De l’autre côté, en tant que jeunes parents, nous ne connaissions rien en parentalité et tout ce qui va avec. Nous avons appris toutes les bases à connaître à la néonatologie, alors que dans le cas d’une naissance à terme, nous aurions été « jetés » par les portes de l’hôpital au bout de 3 ou 4 jours.

 

Pendant notre séjour à la néonatologie, j’ai eu la chance de connaître une conseillère en lactation qui m’a donné beaucoup de conseils, notamment par rapport à la position de bébé au sein, la mise en route de la lactation et comment gérer des difficultés telles que les crevasses et les engorgements. Malgré son aide précieuse, on n’y arrivait pas. Je tirait mon lait pour stimuler la lactation, puis on lui donnait mon lait et un complément de lait artificiel en seringue. Nous ne pouvions pas quitter la néonatologie tant que l’allaitement n’était pas bien mis en place. J’ai tenu bon pour 3 semaines. Puis j’ai craqué. Mes mamelons n’arrivaient pas à cicatriser, j’avais mal. Je pleurais beaucoup. J’ai donc décidé de ne lui donner plus que le lait artificiel. Psychologiquement, c’était très dur car je ne me sentais pas à la hauteur. C’était un vrai échec pour moi.

 

Tout était différent avec l’arrivée de ma fille en 2020. Elle est née quasiment à terme et a commencé à téter dès sa venue au monde, comme une championne. Je ne vous cache pas que le début de mon 2ème allaitement était très douloureux et j’ai souffert pendant bien 3 semaines. Entre les crevasses avec saignements, les seins hyper tendus et une grosse fatigue, je me suis dit la première semaine que cet allaitement n’allait pas durer plus longtemps qu’un mois. Mais en voyant ma fille s’accrocher à mon sein, s’accrocher à la vie, elle m’a appris bien plus de choses en quelques semaines que ce j’ai pu apprendre pendant toute ma vie : la persévérance, le combat, le maintien du focus sur les choses essentielles et l’amour. L’amour inconditionnel.

 

Avec le retour au bureau à la fin de mon congé maternité, nous avons commencé à introduire le lait artificiel en allaitement mixte vers ses 2 mois. Et finalement, notre aventure lactée s’est prolongée jusqu’à ses 6 mois où elle a fait une grève de tétée, comme j’ai appris plus tard. Aujourd’hui, je regrette beaucoup que je n’allaite plus ma fille. J’aurais bien aimé l’allaiter jusqu’à ses un an et demi voire deux ans en allaitement mixte.

 

J’ai eu mon moment déclencheur pour créer une marque de vêtements d’allaitement environ 1 mois après la naissance de ma fille. Pendant ma grossesse, je m’étais acheté des débardeurs classiques d’allaitement qui, une fois ouverts, m’obligeaient à découvrir complètement ma poitrine pour nourrir ma fille. Cela m’a mise très mal à l’aise dès que nous étions en famille ou avec des amis ou alors en public. Je ne voulais pas mettre mal à l’aise les personnes qui m’entouraient donc je m’excluais de la société pour nourrir ma fille. Je me sentais seule.

 

Avec la conception de vêtements qui facilitent l’allaitement, je voudrais que toutes les mamans qui désirent profondément allaiter leur bébé mais qui sont pudiques comme moi je l’étais et qui hésitent d’allaiter, sachent que nous sommes là pour elles. Qu’elles peuvent compter sur nous pour leur créer des vêtements qui allient style et praticité, tout en respectant l’environnement. Ensemble, nous pouvons faire bouger les choses et aller enfin vers la normalisation de l’allaitement dans notre société – sans compromis.